samedi 30 août 2008

Religion aux États-Unis (D): La sécularité et la diversité religieuse

On pense souvent comme je l'ai mentionné dans ma série de billets sur les États-Unis que ceux-ci sont un lieu où la religion est le créneau de la droite (ce qui n'est pas le cas), où la spiritualité religieuse est un affaire dogmatique(ce qui n'est pas le cas) et où la politique et la religion se mêlent gaiement (ce qui n'est pas le cas).
Le dernier mythe est peut-être le plus pernicieux et persistent d'entre tous. Il implique - de manière cachée à mon avis - que toute la politique tourne autour des WASP (white anglo-saxon protestant) comme si il s'agissait de la seule religion présente aux États-Unis. Néanmoins, comme les commentaires que j'ai fait récemment, le portrait religieux américain est considérablement complexe, diversifiée et dynamique (considérant que beaucoup changent de confession au cours de leur vie).
En fait, quelque chose que peu de gens savent c'est que les États-Unis sont dôtés d'une des constitutions les plus séculaires au monde grâce au Virginia Status on Religious Freedom écrit par Thomas Jefferson. C'est aussi pour cela que les États-Unis ont un résultat supérieur à la France en termes de libertés religieuses.
Certains voient la religion aux États-Unis comme l'expression d'une société ultrapuritaine. Mais au contraire, le fait que les gens forcent les religions à se compétionner des croyants les forcent à mettre de côté des éléments absurdes de leur écrits (whatever) divins. C'est justement cette diversité qui fait tout le caractère des États-Unis, c'est-à-dire le caractère d'une démocratie libérale.
En ayant des institutions constitutionelles si fortes qui permettent une vie religieuse vibrante sans menacer la sécularité visée, les États-Unis ont dévelopés une grande mosaïque religieuse qui n'a pas eu besoin d'aide explicite et massive de la part de l'État.
Dites ce que vous voulez, mais le caractère religieux aux États-Unis est clairement le meilleur exemple de protection de la sécularité des institutions.

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jeudi 28 août 2008

Religion aux États-Unis(C) : Religion et comportements politiques

Alors, on va encore péter la bulle des antiaméricains primaires qui consomme ce prêt-à-penser réchauffé au micro-ondes. Les croyants Américains sont beaucoup plus complexes sur le plan des comportements politiques qu'on l'imagine.

En fait, on s'imagine que les Américains mélangent agréement la vie politique et la vie religieuse. Il est vrai qu'on a des hommes religieux dans la vie politique, mais le mélange des deux vies est plus différent qu'on imagine. La moitié des conservateurs (même les conservateurs de gauche qui sont socialement conservateurs) sont fortement en faveur de la division entre l'État et la religion.

En fait, on a - depuis les années 1980 et 1990 - considéré que les religieux avaient fait un «takeover du parti républicain» et que c'était toléré par la population religieuse. En fait, comme je l'ai démontré, la religion aux États-Unis se déplace significativement à gauche. D'ailleurs, c'est probablement en réaction aux comportements de certains groupes religieux au sein du parti républicain que de plus en plus de croyants trouvent que la religion a trop d'influence au parti Républicain. Ce qui indique une réticence à l'idée de trop mélanger la spiritualité (et l'organisation institutionelle de celle-ci) et l'État.

Par ailleurs, quant aux opinions politiques on voit des données produites par le PEW centre qui démontre certaines choses auxquelles on ne s'attend pas nécessairement. Par exemple, un tiers(33% exactement) des évangélistes sont relativement en faveur de l'avortement. Les Églises protestantes sont massivement en faveur de l'avortement (légal ou partiellement légal) à 62%. Les Catholiques sont quant à eux divisés assez également. Les musulmans sont divisés également sur la question. L'homosexualité est assez toléré, même chez les Catholiques.

Mais ce qui est le plus étonnant, c'est l'opinion des groupes religieux quant à l'implication de l'État dans la moralité. Chez les évangélistes (qu'on aime tant démoniser), 50% sont d'avis que l'État s'implique pas assez dans la moralité des gens contre 41%. Dans les églises protestantes, on trouve que l'État joue trop dans la moralité individuelle (58% vs 33%). Même chez les Catholiques, on trouve que l'État en fait trop même si c'est une moins grande majorité. Finalement, seuls les juifs et les mormons sont d'avis que les États-Unis ne s'impliquent pas assez sur la scéne internationale (politique étrangère, pas liée à l'environnement) et les autres groupes religieux demandent tous que l'État se préoccupe des États-Unis.

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mercredi 27 août 2008

Religion aux États-Unis(B) : Les fidèles infidèle

Puisque j'ai commencé hier en critiquant cette croyance que les groupes religieux sont de droite quand on devrait parler de «gauche religieuse». Maintenant, parlons de la foi des Américains sans égard à leurs positions politiques.

On s'imagine souvent, avec peu de sophistication intellectuelle, que les Américains vont massivement à l'Église et que toute leur vie tourne autour de Dieu (où peu importe quelle force personelle ou impersonelle ils croient). Mais saviez-vous que 7.3% des enfants Américains sont nés dans des familles non-affiliés et semblent rester à près de 50% «fidèle» dans à ce groupe? À ce groupe se joint 13 % d'Américains qui changent de foi au cours de leur vie. Les non-affiliés - composés à 1.6% d'athées et 2.4% d'agnostiques - sont le quatrième groupe religieux en importance avec 16% de la population (troisième si on divise les églises protestantes traditionelles en les différentes confessions). Ce sont aussi les 18-29 ans qui sont la principale composante des non-affiliés.

Mais, ce qui est encore plus fascinant c'est que 44% des Américains changent de foi religieuse au cours de leur vie. Cela descend à 28% si on exclut les changements au sein des églises protestantes(méthodistes, baptistes, prébystériennes). Mais cela indique que les Américains sont des «consommateurs» de religion qui changent leur foi en fonction des «besoins spirituels». En fait, les Américains sont plus susceptibles de changer de foi religieuse que de changer d'affiliation politique. Par ailleurs, si on exclut les changements démographiques dans lequel on compte l'afflux massif d'hispanophones catholiques (très fidèles), le taux de fidelité des Américains natifs est encore plus bas. Les bhouddistes aussi sont un bon exemple, un quart des rangs bhouddistes sont «asiatiques», le reste sont des natifs américains blancs.
Voilà, maintenant vous en savez assez pour ne pas dire de bêtises sur la religion aux États-Unis (et y'a plus à venir encore)

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mardi 26 août 2008

La religion aux États-Unis : La majorité des groupes religieux sont démocrates

Je ne fais pas une farce ici, la majorité des groupes religieux aux États-Unis sont plus démocrates que Républicains et ce dans une vaste majorité. Les Républicains n'ont qu'une majorité écrasante chez les évangélistes(26.3%) et les mormons(1.7%), tous les autres groupes religieux ont une tendance démocrate plus forte. Les catholiques sont plus démocrates que républicains et forment un groupe religieux de presque aussi grande importance que les évangélistes(23.9%). Les églises chrétiennes plus traditionelles (méthodistes, luthériens etc.) sont elles aussi plus démocrate que républicain(43% vs 41%) même si plus de ces croyants s'affirment clairement républicains que démocrates(31% vs 29%).


Dur à croire, mais c'est le cas. Alors voilà, c'était un mythe sur la religion aux États-Unis, alors arrêtez de me parler de la droite religieuse.








Religious Affialiations in the United States and Party Affiliations

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Vincent Geloso

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